Le feu qui réchauffera janvier se prépare deux étés d'avance. Fendu de frais, le bois reste gorgé d'eau; jeté dans l'âtre, il siffle et fume sans presque chauffer. Il lui faut deux saisons sous l'abri avant de sécher jusqu'au cœur. Pour choisir une bûche, il suffit d'en cogner deux : le sec sonne clair, le vert répond mat. J'aime que la flamme de janvier existe déjà, endormie dans une corde empilée l'avant-dernier été. Nous voulons brûler nos projets le jour où nous les coupons, puis la fumée nous étonne. Quelle corde de bois suis-je en train d'empiler, et pour quel hiver?