Ce soir, des inconnus masqués frapperont aux portes, et chaque maison leur ouvrira. Au Moyen Âge, les pauvres faisaient la tournée des maisons à la veille de la Toussaint pour recevoir des petits pains nommés gâteaux des âmes. La maison donnait le pain, et le visiteur offrait une prière pour ses défunts. Personne ne repartait les mains vides. J'aime que la plus vieille version de cette fête soit un échange : l'inconnu sur le seuil apportait quelque chose que la maison ne pouvait pas se donner elle-même. J'ouvre parfois ma porte avec le sentiment de donner, comme si tout le bien de la soirée sortait de ma cuisine. Les vieux gâteaux me rappellent que celui qui frappe arrive peut-être les poches pleines. Que m'apportera le prochain inconnu, si je prends le temps de le recevoir?